Edito

Dimanche de Pentecôte – 31 mai 2020

Faisons grandir les dons reçus de Dieu

Voici maintenant trois semaines que nous retrouvons peu à peu l’usage de nos libertés avec le déconfinement. On entend beaucoup parler du « monde d’avant » et du « monde d’après » ; seul le temps nous permettra de savoir ce qu’il en sera réellement. Ce qui est certain en revanche, c’est que beaucoup attendent avec impatience de retrouver les habitudes « d’avant ». Il peut être en effet tentant de repousser loin de nous ce temps difficile du confinement, de le cacher comme au fond d’un tiroir ou sous le tapis pour ne plus le voir.

Pourtant, s’il a pu être dur à vivre pour beaucoup, il a également agi comme un révélateur. Au fil de l’histoire, les temps d’épreuves exacerbent toujours les attitudes humaines, en bien ou en mal. Je ne doute pas que l’Esprit Saint nous a éclairé chacun de sa lumière au fil de ces deux mois de confinement, pour nous montrer ce qu’il serait bon de convertir. Qui n’a pas pris conscience pendant ces jours d’un changement souhaitable (ou même nécessaire) dans sa vie, de sa responsabilité vis-à-vis des autres, du prix des relations familiales, du temps gratuit qui n’est pas du temps perdu, de sa relation à Dieu ?

Si l’Esprit Saint nous a donné ses grâces à cette occasion, qu’en faisons-nous maintenant ? Le risque est de les oublier, car la tentation est grande de vouloir rattraper ce qui serait du temps perdu, de se laisser à nouveau emporter par l’esclavage de la rentabilité, de la performance, des résultats, du toujours plus, par toutes ces choses qui utilisent l’homme et n’en font qu’une sorte d’outil consommable.

Dans la Bible, les temps d’épreuves sont des temps de conversion où le peuple de Dieu prend conscience de son égarement. Au-delà de la difficulté, c’est finalement un temps de grâce et de salut. En cette fête de la Pentecôte, que l’Esprit Saint renouvelle tous ses dons en chacun de nous, pour que ce soit l’œuvre bienfaisante de Dieu qui agisse dans le monde, et que nous en soyons ses dociles serviteurs.

Père Yannick Soufflet +