Edito

2ème dimanche – 19 janvier 2020

Objection de conscience ?

La voix du Père devait retentir « Tu es mon Fils Bien Aimé, en toi je trouve toute ma joie » et Jean Baptiste devait s’en faire l’interprète et le témoin…

Cette voix du Père, Jésus en son humanité a appris à l’entendre et à y obéir : à 12 ans en écoutant et posant des questions aux docteurs de la Loi et en obéissant aux parents que le Père lui a donnés, comme plus tard en recevant les 12 apôtres au cœur de sa prière au Père ou encore en reconnaissant la révélation du Père dans le cœur de Simon lors de sa profession de Foi…

Cette voix du Père retentit au cœur de la conscience de chaque homme, dans ce sanctuaire inviolable, qui permet à chacun d’agir en conscience, librement. Le droit à l’objection de conscience veut préserver cette dignité et cette responsabilité. L’Eglise rappelle ainsi que « le citoyen n’est pas obligé en conscience de suivre des prescriptions des autorités civiles si elles sont contraires aux exigences de l’ordre moral, aux droits fondamentaux des personnes ou aux enseignements de l’Evangile », cela bien sûr dans le respect de la justice, de la paix et de la moralité publique.

Je crois profondément que cette voix de Dieu dans la conscience qu’il ne faut pas taire, qu’il faut interpréter et dont il nous faut témoigner commence par celle entendue par Jésus « Tu es mon enfant bien aimé(e) en toi je trouve toute ma joie », parole fondatrice, libératrice, à partir de laquelle nous sommes appelés à répondre avec toute l’exigence de la confiance, de la mission et de la grâce reçues… Parole qui nous rassemble, enfants d’un même Père, appelés à la même sainteté, destinés à la même joie éternelle… Parole qui nous assure que nous ne pouvons jamais être réduits à un projet parental mais que nous sommes le fruit du meilleur de l’amour de nos parents, un amour qui accueille la vie comme don gratuit de Dieu, enfant bien aimé(e) du Père…

Puissions-nous faire entendre cette Bonne Nouvelle afin qu’elle trouve un écho lointain mais profond dans le cœur de tous nos frères. La voix de la conscience oblige, sans jamais contraindre, à vivre en enfant bien aimé(e) du Père.

Père Nicolas Troussel +