Edito

6ème dimanche – 17 février 2019

« Qui nous fera voir le bonheur ? »

S’il est bien un qualificatif qui ne convient pas à Jésus c’est celui de démagogue. Il ne cherche pas à plaire à tout le monde et sa parole peut souvent avoir quelque chose d’irritant. C’est que, s’il veut nous révéler la source du vrai bonheur, il vient aussi gratter la terre sous laquelle celle-ci est souvent enfouie. Cette terre est celle de notre cœur, où rayonne au plus profond l’image divine de notre Créateur, et où coule la source de la vie en plénitude reçue à notre baptême.

Mais cette terre de nos cœurs est trop souvent encombrée par l’attachement compulsif aux richesses de ce monde, endurcie par les refus de miséricorde, ou les « indifférences », dirait le Pape François, quant aux détresses qui nous entourent. La source divine de l’amour qui réside en nos cœurs ne peut irriguer alors nos vies et nous sommes coupés de la source de la joie véritable.

Jésus, par sa parole, vient, si nous le voulons bien, labourer nos cœurs comme il vient aussi apporter le feu qui brûle les mauvaises herbes. Et toujours il vient offrir l’eau vive de sa miséricorde qui redonne vie et qui vient faire jaillir à nouveau en nous la source d’eau vive.

Jésus est l’ami des pauvres, il a « souci du faible et du pauvre, du pauvre dont il sauve la vie », nous apprend le psaume (Psaume 71). Jésus m’invite à reconnaître ma pauvreté, celle de ma dureté de cœur qui me ferme à la pauvreté des autres. Mais si j’ose la lui remettre, dans la confiance en sa miséricorde, et dans la docilité à me laisser pétrir, alors je peux découvrir quelque chose de cette joie qu’il promet à ses amis : « Heureux vous les pauvres, car le Royaume des cieux est à vous. »

Antoine d’Eudeville, curé +