Edito

Baptême du Seigneur – 13 janvier 2019

Être responsable de notre monde

Depuis quelques semaines, un vêtement de la sécurité routière sert d’emblème à certains de nos concitoyens pour exprimer leurs revendications. Comment ne pas voir avec eux et à travers eux une société en panne, voire accidentée !

Il est parfois de bon ton dans nos paroisses de demander au clergé de rester à sa place et de ne pas tenir de discours politique. Mais ce n’est rien comprendre à cette belle et noble responsabilité qu’est notre engagement au service de la cité.

Il faut que les chrétiens aillent sur les routes et les mers pour rejoindre les lieux d’accidents. Au cours de son histoire, l’Église a su s’investir sur les chantiers de la promotion humaine, les universités, les hôpitaux, les syndicats et la recherche…

Si la couleur jaune peut suggérer une impression de chaleur et de lumière, cette symbolique peut également être associée à des idées négatives de traîtrise, de mensonge, de tromperie. C’est pour cette raison que nous devons apprendre à voir clair, à former notre intelligence et notre conscience, pour pouvoir nous engager, sans dédain, sans violence !

Trois responsabilités sont devant nous. Voir. Dans notre monde malade et blessé, l’humanité souffrante, la terre et les océans épuisés, le ciel pollué, la faune maltraitée et la flore surexploitée, comment ne pas entendre en écho l’appel du Saint-Père à une écologie intégrale ! Nous informer et nous former. Au travers de sa doctrine sociale, l’Église nous prodigue des repères pour relire notre agir. Nous engager. A l’école de Marie  apprenons à écouter, méditer et partir en hâte au service de nos frères.

Ce dimanche, la Théophanie du Christ au jour de son baptême manifeste que le Fils de Dieu emprunte le chemin des pécheurs pour les rejoindre et les conduire vers la Gloire du Père. Puissions-nous vivre cette plongée dans les responsabilités de la gestion du monde. Bref « mouillons-nous! » pour que soit révélé à chacun qu’il est un Enfant bien-aimé du Père.

Construire ensemble la civilisation de l’amour, ne serait-ce pas cela l’enjeu de nos réflexions et engagements politiques ?

Père Benoît Bourgoin +