Edito

24ème dimanche – 17 septembre 2017

« Merci, Pardon, S’il te plaît »

La parabole du débiteur impitoyable que nous entendons ce dimanche résonne comme une piqure de rappel après l’année de la Miséricorde… notre dette envers Dieu est insolvable, la remise de dette dépassera toujours ce que nous pouvons demander ou même imaginer ! Le débiteur n’a pas osé demander la remise de dette, tout juste un délai… et pourtant le maître, figure du Père céleste, lui a tout remis ! Dieu ne se lasse jamais de pardonner. Le fils prodigue, rentrant en lui-même, décide de retourner vers le Père ose tout juste lui demander d’être traité comme l’un de ses ouvriers… Son Père l’interrompt, le couvre de baisers, lui revêt le vêtement de noces et lui rend sa dignité de fils. Voilà ce que Dieu seul peut réaliser : nous revêtir de notre vraie dignité, nous plonger dans les eaux baptismales, renouveler en nous cette dignité par son PARDON.

Ai-je pris conscience de cela ? Suis-je plein de gratitude devant tant de bonté ? Les torts de mon frère et ses péchés contre moi ont-il plus de poids dans ma conscience que la bonté infinie du Père ? Après tout, ne suis-je pas si mal ?…  Or, Marie elle-même nomme Dieu son SAUVEUR, Celui qui l’a comblée de grâce et elle exulte de gratitude. Sa dette envers Dieu n’est pas moins grande, mais prévenante… Il est bon de commencer l’année, la journée par la gratitude : MERCI Seigneur pour la vie que tu me donnes et dont tu prends soin, MERCI, je te confie et t’offre par avance ma journée.

Un jour, le curé d’Ars a demandé à Dieu de lui montrer ses péchés, il crut en mourir et dit qu’on ne l’y reprendrait pas… Il est pourtant des précipices entrevus, qui permettent de se jeter dans les bras du Père et de mieux TOUT recevoir de Lui. En Colombie le pape François a remercié chaleureusement Pastora qui a témoigné du pardon donné aux bourreaux de son mari, sa fille et son fils… « Merci Pastora ; quel grand bien tu nous fais à tous, aujourd’hui, par le témoignage de ta vie. C’est le crucifié de Bajaya qui t’a donné cette force de pardonner et d’aimer, … et d’espérer que la paix triomphe définitivement en Colombie. Merci ! Merci ! » Cette mission d’artisans de paix est la nôtre, nous sommes envoyés dans la paix du Christ à la fin de chaque messe, envoyés plein de gratitude pour la paix du Christ reçue. DEMANDONS cette grâce pour notre paroisse en ce début d’année !

Père Nicolas Troussel +