Edito

28ème dimanche – 14 octobre 2018

Appelés à la joie

Dans l’évangile de ce dimanche, nous sommes témoins d’une rencontre qui ne se termine pas vraiment par un happy end ! En effet l’homme qui avait accouru vers Jésus en lui demandant conseil pour « avoir en héritage la vie éternelle » repart « tout triste car il avait de grands biens ». Jésus lui a dit – après  un dialogue sur le respect des commandements : « Une seule chose te manque, va, vends tous tes biens, donne-les aux pauvres puis viens et suis-moi ». Et l’homme ne parvenant pas alors à accueillir l’appel de Jésus perçu comme trop radical, repartit le cœur lourd. L’histoire ne dit certes pas son dernier mot, car l’avenir est toujours ouvert, mais ce moment vécu reste cependant riche d’enseignement.

Notons que lorsque Jésus appelle cet homme à sa suite, il le fait alors que com-mence de se dessiner une relation personnelle fondée sur l’amour. L’évangéliste précise en effet : « Jésus le regarda et l’aima ». L’appel de Jésus à le suivre après avoir donné tous ses biens aux pauvres (et non à Jésus ou à ses disciples), n’est pas un précepte général mais un appel particulier, comme certains saints l’ont compris pour leur vie : comme par exemple Saint François d’Assise, Sainte Claire, Saint Antoine du désert et tant d’autres. Ils ont répondu à cet appel dans toute sa radicalité, car l’amour du Christ les avait touchés au point que comme les Apôtres ils ont tout quitté pour le suivre.

Remarquons cependant aussi l’appel du Christ n’est pas celui d’un homme qui exercerait une influence comme celle d’un gourou. En effet, l’homme est laissé libre dans sa réponse. Jésus prend le risque, et respecte profondément notre liberté personnelle, et c’est une bonne nouvelle ! Quand il appelle, il ne s’impose pas, il tend la main. Seule la liberté de la réponse peut être source de joie. Parfois cependant la liberté peut être entravée qui rend difficile une généreuse et véritable réponse. Le signe que nous n’avons pas vraiment atteint le bien est la tristesse qui en résulte.

Dans notre vie à la suite du Christ, et particulièrement pour les jeunes, qui ont devant eux des choix de vie et désirent que la lumière de la joie les éclaire, demandons la grâce de la vraie liberté intérieure, celle qui nous fait choisir l’Amour de Dieu comme priorité ordonnant toutes les autres réalités de nos existences. C’est le secret de la joie « que nul ne pourra nous ravir » !

Père Antoine d’Eudeville, curé +