« Misericordieux comme le Père »

« Misericordieux comme le Père »

« En voyant » la femme auprès de Jésus, le pharisien s’indigne… mais qu’a-t-il vu au fond ?

 

 

Cette femme est pour lui « une pécheresse », sa réputation lui colle à la peau, il ne voit pas celle qui ici et maintenant pose un acte radicalement nouveau… Et Jésus de l’interpeller : « Tu vois cette femme… ses péchés, ses nombreux péchés sont pardonnés car elle a montré beaucoup d’amour » ! Aucune complaisance dans ce regard de Jésus qui « ne regardant pas à l’apparence » mais sait voir la grâce de guérison dans le cœur qui aime. Jésus nous appelle tous à cette conversion du regard.

Autant se l’avouer, ce n’est pas simple de se libérer du « regard envieux » ou « du regard de convoitise », de ne pas tant regarder la paille dans l’œil du voisin que la poutre que Dieu veut retirer de mon œil… Il a fallu la grâce de conversion de Corneille pour ouvrir les yeux de Simon-Pierre : « c’est par la grâce de notre Seigneur Jésus que nous croyons être sauvé tout comme eux », les païens (Ac 15, 11) ! Oui, apprendre à chausser les lunettes du Bon Dieu et à voir que nous sommes les témoins les uns pour les autres de l’absolue gratuité de la miséricorde du Père.

Les scouts rassemblés en ce jour dans notre paroisse pour le lancement de leur camp d’été, vivent d’une pédagogie de la miséricorde : la jeannette est appelée à « ne pas s’attacher aux apparences, à voir le cœur et à s’efforcer d’aller vers celle qu’elle n’aime pas trop et lui trouver trois qualités », le scout demande à l’Esprit de « purifier son regard », le louveteau apprend à aller vers celui qui est seul et triste et que les autres ne voient pas… bref la pédagogie du service est une pédagogie de la progression et de la conversion permanente, une pédagogie où le jeune apprend au fur et à mesure à reconnaître « qu’il a reçu gratuitement » de ses aînés et désire à son tour faire ce cadeau aux « pattes tendres » et autres derniers venus…

C’est ainsi que Dieu nous appelle à devenir pas à pas « miséricordieux comme le Père » !

P. Nicolas Troussel+